Quand Diego avait commencé son blog, c'était pour recueillir les moments où il avait entrevu Otsoa en songe, formant ainsi une continuité idéale dont elle ne repartirait plus. Un assemblage de fragments toujours plus fins qui s'intercalent jusqu'à ce que plus rien ne les sépare, ayant la continuité d'une frise ou d'une étoffe, avec ses trames interposées dont un fil plonge sous un autre, qu'il révèle, avant de reparaître à nouveau. Parce qu'il n'y a de vie que dans le contraste, la touche impressionniste. Il semble toujours qu'il puisse y avoir une existence plus heureuse, vraie et intense que la nôtre et qu'elle n'affleure que quelque fois pour nous rappeler son existence, la fraîcheur de son cours souterrain. Échange là encore d'apparition et de disparition. La réapparition d'Otsoa, ce qui fait battre le cœur mais ne se retient pas, s'est terminée par sa disparition, à nouveau, cette fois sans retour, laissant Dirgo avancer sur un dur désert de sel. Il lui importe de continuer à forer et sonder, le stylet magnétique en façon de baguette de puisatier.